Malgr� la surveillance stricte exerc�e par les agents de contr�le sur les denr�es alimentaires, afin de s�assurer de leur bonne qualit�, les toxi-infections semblent de plus en plus nombreuses en �t�. Est-ce � cause de la chaleur, du manque d�hygi�ne ou d�une autre raison ? Pour plus d�informations, nous nous sommes rapproch�s du Dr Ouahdi, directeur de la pr�vention au minist�re de la Sant�, de la Population et de la R�forme hospitali�re (MSPRH).
Pour des mesures de pr�vention 1.000 agents de contr�le de la qualit� et de la r�pression des fraudes seront recrut�s en deux ans
Les toxi-infections alimentaires sont des maladies li�es � la consommation de produits contamin�s par des germes nocifs. Selon leur cause, elles sont de gravit� et de dur�e tr�s variables. Dues soit � des micro-organismes ou des toxines contenues dans les aliments, les risques de ces toxi-infections sont li�s � la pr�paration des produits alimentaires ainsi qu�� la conservation et � l�entreposage des aliments.
Ce probl�me de sant� publique, continues � s�vir mettant en danger la vie de milliers de consommateurs en Alg�rie et dans le monde. En moyenne environ 5.000 cas d�intoxications sont enregistr�s annuellement au niveau des �tablissements sanitaires. Ce chiffre, selon le docteur Ouahdi, ne repr�sente que les cas d�clar�s, c�est-�-dire les malades qui arrivent aux structures de sant�, car beaucoup d�autres consultent des m�decins priv�s ou font de l�autom�dication.
� Chaque ann�e, en juillet et ao�t, les m�decins notent une augmentation du nombre de victimes d'intoxications alimentaires �, pr�cisera-t-il.
Pour le sp�cialiste, les aliments incrimin�s sont, en premi�re position, le couscous et la p�tisserie qui causent les intoxications collectives, notamment durant les mariages. La viande hach�e, les viandes blanches et rouges viennent en deuxi�me position.
Les Alg�riens consomment 3 milliards de litres de lait et 400.000 tonnes de poisson par an
Il est bon � savoir que les Alg�riens consomment de plus en plus de viande et sous diff�rentes formes. Sa qualit� est d�une importance vitale sur un march� comp�titif o� existent des importations de meilleur march� que les produits locaux ainsi qu�une grande vari�t� en expansion continuelle de denr�es disponibles pour les consommateurs. Il existe 1,2 million de commer�ants en activit� au niveau national et 19 laboratoires de contr�le de produits alimentaires, soit un contr�leur pour 300 commer�ants. Les Alg�riens consomment 3 milliards de litres de lait par an et 400.000 tonnes de poisson. Au regard des donn�es statistiques enregistr�es au niveau de la wilaya d�Alger (2006), la majorit� des intoxications relev�es sont dues aux p�tisseries avec un taux de 50%, aux viandes rouges (30%), aux viandes blanches et aux yaourts pour le reste des cas d�intoxications enregistr�s.
Evoquant les autres causes d�intoxications, le directeur de la pr�vention au minist�re a expliqu� que l�interruption de la cha�ne du froid favorise la prolif�ration des bact�ries causant, ainsi, le pourrissement des produits alimentaires.
� Beaucoup de commerces �teignent leurs frigos la nuit et certains n�en poss�dent m�me pas. D�autres, � l�exemple des vendeurs d��ufs, exposent leurs produits au soleil, alors que c�est formellement interdit �, a-t-il signal�.
Par ailleurs, le docteur Ouahdi a estim� le co�t d�une simple intoxication alimentaire revient facilement � 1.200 DA quand le malade n�est pas hospitalis�. Et d�ajouter qu�une journ�e d�hospitalisation revient au minimum � 7.000 DA. D�o� l�importance de la pr�vention.
Pour ce qui est des mesures prises pas les pouvoirs publics pour endiguer ce ph�nom�ne, notre interlocuteur pr�cise que la prise en charge de ce ph�nom�ne n�cessite une approche pluridisciplinaire rigoureuse. Il s�agit de lutter contre les d�passements de certains importateurs et un contr�le plus efficace du march� parall�le, qui ne respecte gu�re les normes d�hygi�ne et encore moins les r�gles �l�mentaires de stockage.
Dans ce sens, il a affirm� que le minist�re de la Sant� adresse chaque ann�e des circulaires et des fiches techniques aux diff�rentes directions de sant� de wilaya pour prendre en charge toutes les dispositions n�cessaires pour parer � toute �ventualit�. Par ailleurs, le docteur Ouahdi a relev� l�existence de laboratoires pour le contr�le des aliments et de l�eau. L�organisation r�guli�re de formations au profit des laborantins, pour les initier aux nouvelles techniques, est inscrite au programme. Mais, cela reste insuffisant. Il y a n�cessit� de mobiliser les intervenants impliqu�s directement dans la lutte et la prise en charge de ce mal qui se manifeste de fa�on plus accentu�e pendant la p�riode estivale.
Pour des mesures de pr�vention 1.000 agents de contr�le de la qualit� et de la r�pression des fraudes seront recrut�s en deux ans
Au total de 1.000 agents de contr�le de la qualit� et de la r�pression des fraudes seront recrut�s dans les deux ann�es � venir. Cette mesure prise par le minist�re du Commerce, entre dans le cadre d'une op�ration, entam�e en 2007, visant au recrutement de 500 agents dipl�m�s des universit�s chaque ann�e � l'horizon 2010.
Il est � noter que pr�s de 4.000 agents charg�s du contr�le de la qualit� exercent actuellement au niveau des directions de commerce et un millier de contr�leurs, recrut�s en 2007-2008, sont d�j� sur le terrain.
En outre, 500 nouveaux contr�leurs de la qualit� seront affect�s en 2009, au niveau des directions de commerce de wilayas, et autant d'agents en 2010, qui seront dot�s d'�quipements techniques n�cessaires � m�me d'accomplir leur mission dans de bonnes conditions.
148.000 interventions enregistr�es en 2008
Certes, l�Alg�rie a pris des mesures et a adopt� diff�rentes r�glementations en mati�re de contr�le des produits alimentaires import�s, export�s, produits ou commercialis�s en Alg�rie.
Selon des sources officielles du minist�re du Commerce, environ 148.000 interventions ont �t� effectu�es par des �quipes de contr�le de la qualit� et de r�pression de la fraude, au niveau national durant le premier semestre de l'exercice en cours.
Cette op�ration, selon la m�me source, a permis de constater 26.000 infractions ayant donn� lieu � 24.000 poursuites judiciaires introduites, ainsi qu'� la d�cision de fermeture de 1.200 locaux commerciaux.
Par ailleurs, 326.000 op�rations de contr�le et de r�pression de la fraude ont �t� effectu�es durant l'ann�e 2007 et permis d'enregistrer 48.000 infractions, 44.600 poursuites judiciaires, la fermeture de 4.330 locaux et l'interdiction d'acc�s � 16.400 produits import�s non conformes.
Kam�lia H.
Que faire en cas d�intoxication ?
Apr�s la prise du m�dicament prescrit pas le m�decin. Il faut simplement imposer au syst�me digestif un repos complet d'au moins vingt-quatre heures. Ce qui veut dire adopter un r�gime strict, mais boire beaucoup d'eau min�rale riche en sodium pour compenser la perte en min�raux, mais aussi du bouillon et des boissons l�g�rement sucr�es afin d'�viter la d�shydratation.
D�s le lendemain, il est possible de s'alimenter, mais progressivement et en privil�giant des aliments peu agressifs pour le tube digestif, comme le riz, les l�gumes cuits, les biscottes, les pur�es de carottes et de pommes de terre et les bananes m�res. Peu � peu, on peut revenir � un r�gime normal.
Il est recommand� d'attendre le r�tablissement total avant de consommer des aliments irritants, comme les fibres (crudit�s et c�r�ales � grains entiers), les produits laitiers, les fritures et les p�tisseries.
Enfin, mieux vaut �viter pendant quelques jours les boissons � base de coca, le caf�, le th� et les �pices.
K. H.
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