Un ouvrage cor�dig� par des professeurs en sciences de gestion apporte sa contribution au d�bat �conomique. Et lance de s�rieuses pistes de r�flexion.
Un groupe de professeurs et ma�tres de conf�rences en sciences de gestion, rattach�s au laboratoire de recherche Dauphine Recherche Management (DRM), livre un � regard pluriel � sur des th�matiques prioritaires pour les entreprises. Leur ouvrage collectif (*) publi� trop t�t pour y aborder les cons�quences de l'actuelle crise financi�re pose n�anmoins d�j� la question des modes de gouvernance les plus pertinents pour les entreprises. Et sert d'appui au d�veloppement de r�- flexions strat�giques cruciales
Contr�le des r�mun�rations
� Les d�terminants exacts de la performance des dirigeants restent une �nigme... �, concluent Sofiane Aboura et Antoine Renucci, tous deux ma�tres de conf�rences � l'universit� de Paris-IX Dauphine.
La r�mun�ration des patrons n'a jamais autant fait d�bat. Aux Etats-Unis, la pr�sentation du plan Paulson, destin� � sortir de l'actuelle crise financi�re, favorise la concentration des critiques sur les � packages financiers � (salaire fixe, bonus, etc.) des patrons des banques d'investissement am�ricaines. D�battue dans de nombreux pays, la question des salaires des PDG devrait favoriser la naissance de nouveaux dispositifs l�gislatifs afin d'am�liorer la gouvernance des entreprises, les comit�s de r�mun�rations n'ayant pas encore fait leurs preuves. En France, le comit� d'�thique du Medef a adopt� un nouveau code de gouvernance d'entreprise, le gouvernement demande que les recommandations de l'organisation patronale sur l'encadrement des r�mun�rations des patrons soient formellement accept�es par les entreprises avant fin 2008. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a d�clar� que � les modes de r�mun�ration des dirigeants et des op�rateurs doivent �tre d�sormais encadr�s � pour mettre fin aux � abus �.
Folies financi�res
� Prisonniers qu'ils [les financiers-math�maticiens qui travaillent dans les banques d'affaires, NDLR] sont de leur formation et de leurs convictions communes, de leur foi dans les dispositifs techniques qu'ils con�oivent et mettent en oeuvre, et aussi de leur confiance corporatiste en eux-m�mes, ils ne pouvaient sans doute imaginer qu'une affaire comme celle-ci [le scandale Kerviel � la Soci�t� G�n�rale, NDLR] puisse arriver, et ce, malgr� le pr�c�dent de Barings. C'est peut-�tre aussi pour cela qu'elle est arriv�e... �, rel�ve le professeur Bernard Colasse, professeur � l'universit� de Paris-IX Dauphine.
L'affaire Soci�t� G�n�rale a pos� les limites des modes d'incitation salariale en vigueur au sein des banques d'investissement. � Il est dangereux de parier sur la seule �thique individuelle des membres du personnel pour pr�venir un risque �thique au sein m�me d'une organisation �, pr�vient Bernard Colasse. De fait, les turbulences de toute nature de la sph�re financi�re relancent le d�bat autour de l'utilit� des codes de conduite dont l'application s'av�re souple d�s lors qu'elle est rentable pour la banque. Cette affaire pointe �galement les d�faillances des administrateurs ind�pendants et de divers comit�s des conseils d'administration (comit�s des comptes, d'audit, etc.).
Se dirige-t-on vers un nouveau rapport patronal sur la gouvernance � la fran�aise ? Et quels nouveaux dispositifs de contr�le et de gestion des ressources humaines mettre en place au sein des banques d'investissement ?
Flexibilit� du contrat de travail
dont la gestion n'est plus seulement d'ordre juridique. Cela en fait un savoir-faire manag�rial � inventer �, affirme Eric Pezet, professeur � l'universit� de Valenciennes.
La loi de modernisation du march� du travail du 25 juin 2008, qui conf�re une plus grande flexibilit� au contrat de travail, va bouleverser les pratiques manag�riales. D�sormais, il va s'agir de g�rer un lien non seulement juridique mais aussi d'ordre psychologique, � form� d'attentes mutuelles �. C'est sur cette articulation que va devoir s'appuyer un nouveau mode de management du contrat de travail.
Entreprise num�ris�e
� Plusieurs raisons expliquent le d�veloppement de syst�mes d'information mobiles : les pressions sur les co�ts d'exploitation, la globalisation, la chronocomp�tition, la focalisation client, la globalisation de l'activit�. Les nouvelles technologies mobiles disponibles favorisent � l'�vidence des pratiques nomades en entreprise �, remarquent Michel Kalika, directeur de l'Ecole de management de Strasbourg, et Henri Isaac, professeur � Paris-IX Dauphine.
Outils de travail collaboratifs en ligne, gestion de la relation client, progiciels de gestion int�gr�e, courrier �lectronique, nomadisme professionnel (t�l�phone et ordinateur portables, agenda �lectronique, etc.), ces derni�res ann�es, la num�risation n'a cess� de cro�tre au sein des entreprises. De quoi repenser la question du temps et du cadre l�gislatif du travail. Et de reposer la question de l'imbrication croissante entre vies professionnelle et priv�e.
Place de la RSE
� La RSE [responsabilit� sociale d'entreprise, NDLR] n'entra�ne pas une r�volution manag�riale, elle s'ancre dans un paradigme manag�rial classique �, note Fran�oise Quairel-Lanoizel�e, ma�tre de conf�rences � Paris-IX Dauphine.
Une toute r�cente �tude r�alis�e par Sequoia et Clarefi atteste la progression significative du d�veloppement durable au sein des entreprises. D'apr�s elle, une entreprise sur deux publie un rapport en ce domaine (contre une sur quatre en 2004). Dans les faits, les strat�gies restent multiples : engagements volontaires, suivisme, positionnement a minima, approches cosm�tiques. Et mettent en lumi�re la difficult� qu'il y a � concilier l'int�r�t collectif avec les objectifs de rentabilit� et de p�rennit� de l'entreprise.
Strat�gie� low cost �
� La strat�gie �low cost� recherche une forme de d�s�quilibre par une diff�renciation suffisamment forte des prix vers le bas en contrepartie d'une offre d�pouill�e, de moindre qualit� �, explique St�phanie Dam�ron, professeur � l'universit� de Rouen.
Le concept du � low cost � qui prosp�re dans de nombreux secteurs (automobile, a�rien, etc.) est �tudi� par toutes les �coles et universit�s. Et sans conteste, en ce domaine, le d�tonateur a �t� le lancement en 2004 de la Logan de Renault par la filiale roumaine Dacia. Mais ces strat�gies constituent-elles des r�ponses id�ales aux consommateurs pr�occup�s par la baisse de leur pouvoir d'achat ?
Comportements d'achat
� Le march� de l'occasion conna�t aujourd'hui, en France, une forte croissance, commune � celle d'autres pays, notamment � travers la multiplication des vide-greniers, l'implantation d'enseignes sp�cialis�es et l'essor d'Internet �, rel�vent Denis Guiot, professeur � l'universit� Paris-IX Dauphine et Dominique Roux, ma�tre de conf�rences � l'universit� de Paris-XII Val-de-Marne.
La r�duction de la consommation et le d�veloppement d'une sensibilit� �cologique conduisent � une modification sensible du comportement des consommateurs. Mais va-t-on vraiment vers un d�veloppement significatif d'une consommation durable et socialement responsable ? Et une r�volution verte ?
Fusions et acquisitions
� En inventant une rencontre du troisi�me type, Renault et Nissan ont ouvert la voie vers des rapprochements moins mena�ants, moins conflictuels et plus ouverts sur la coop�ration �, rappelle Fabien Blanchot, ma�tre de conf�rences � l'universit� Paris-IX Dauphine.
Les effets des fusions et acquisitions d�pendent d'�v�nements externes peu contr�lables et difficiles � anticiper. Ainsi que du profil des acteurs en place et des modalit�s de rapprochement. Va-t-on voir le d�veloppement d'une voie m�diane entre la fusion pure et l'alliance pure ?
Veille concurrentielle
La fa�on dont les entreprises japonaises s'attaquent au march� chinois est riche d'enseignement pour les entreprises occidentales, actives � l'international, d'apr�s Jacques Jaussaud, professeur � l'universit� de Pau et des pays de l'Adou
|