La certification QSE, compos�e des normes ISO 9001, ISO 14001 et OHSAS 18001 fleurissent dans les communications des stations. Certificat de bonne conduite, cette norme signifie d'importants investissements. Dans cette jungle de sigles, nous avons tent� le d�cryptage.
Les normes visent � am�liorer la qualit� des biens ou services pour mieux r�pondre aux attentes des clients (ISO 9001), limiter l�impact de ses activit�s sur l�environnement (ISO 14001) et offrir un bon niveau de sant� et de s�curit� au travail (OHSAS 18001)... ou les trois en m�me temps pour QSE. Ainsi depuis cet �t� les neuf soci�t�s de remont�es m�caniques fran�aises de la Compagnie des Alpes sont certifi�es QSE. Vous �tes toujours l� ? Je sais, c'est pas facile, accrochez-vous !
Au d�part, les normes sont r�dig�es collectivement et approuv�es par des professionnels de la question trait�e. Les normes de la famille ISO sont r�alis�es par l�International Organization for Standardization. Les normes britanniques Occupational Health and Safety Assessment Series (OHSAS) publi�es par la British Standard Institute n�ont pas d��quivalent dans le monde et sont de facto un standard international en mati�re de s�curit� et sant� au travail.
Obtenir sa certification � est une d�marche globale qui commence par un �tat des lieux : quels sont les aspects de notre activit�, et de celle de nos sous-traitants, qui ont un impact sur l'environnement (la production d'�nergie, la gestion des d�chets, les sources de pollution, l'utilisation de produits polluants ou � risque) ? Ensuite, on gradue le risque et on met en place un plan d'action. C'est long, il faut fouiller les textes de loi, changer les habitudes et mobiliser des moyens financiers �, explique Claude Jay qui a suivi le dossier pendant deux ans � la Sevabel, la soci�t� de remont�es m�caniques des Menuires �tant la premi�re � avoir obtenu la certification ISO 14001. � Pour que �a marche, il faut que le personnel soit impliqu�. Il y a donc une v�ritable prise de conscience et, parfois aussi, un changement des mentalit�s et des m�thodes de travail �, explique Jean-Christophe Hoff, Directeur du domaine skiable de Montgen�vre, station pionni�re de la triple certification QSE.
Pour la Compagnie des Alpes, la certification de ses filiales fut un investissement en ressources humaines et financier important, l'�quivalent d'une �quipe de 20 personne � temps plein sur une ann�e. Concr�tement, une station comme Serre-Chevalier a install� des s�parateurs d�hydrocarbures dans les garages des dameuses et de fontaines biologiques pour le nettoyage des pi�ces, etc... De m�me, la r�gulation des horaires pour le chauffage des locaux d�exploitation �conomisera l'�quivalent de la d�pense �lectrique annuelle de 93 foyers.
A Val Thorens, les remont�es m�caniques ont install� des bacs de r�tention pour prot�ger les sols du gasoil ou de l'huile, un r�seau informatique interne pour diminuer l'utilisation de papier, des caoutchoucs sp�ciaux pour att�nuer le bruit d'un pyl�ne du Funitel, des panneaux photovolta�ques sur le toit de la nouvelle gare Caron-Cairn, etc. Les enneigeurs sont remplac�s par des mod�les plus performants qui permettent d'augmenter la production de neige sans que la consommation d'�lectricit� ne suive.
La mise en place de telles normes conna�t tout de m�me des limites. Les crit�res de performance ne sont pas indiqu�s, ce qui laisse toute libert� aux entreprises pour concevoir leur syst�me de management. � Tout est bas� sur la bonne volont� � indique Guilhem Galy, Ing�nieur sp�cialis� dans la mise en �uvre de ces certifications. Ainsi, la norme ISO 14001 ne mentionne nulle part une obligation de d�veloppement durable. Quand une entreprise est certifi�e, cela ne signifie pas qu�elle ne pollue pas, mais simplement qu�elle respecte les principes de la norme : application de la r�glementation en vigueur, engagement d�un effort continu, r�alisation d�actions de pr�vention de la pollution.
� Ces normes sont draconiennes, ce n�est pas qu�un coup de pub ! � pr�cise M. Hoff. Ainsi, un pyl�ne du t�l�cabine des Chalmettes, � Montgen�vre, a d� �tre d�plac� pour �viter de supprimer un milieu humide o� vivent des esp�ces prot�g�es. � Leur mise en �uvre repr�sente un co�t financier �norme, le nombre d�heures de travail est important, c�est un v�ritable engagement. Il ne faut pas esp�rer de retour sur investissement imm�diat � ajoute Anne Semay, directrice technique � la CDA-DS, pour qui � la certification QSE, c�est l�avenir des stations de ski ! �.
Texte : Armelle Solelhac
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