R�fl�chir aux impacts environnementaux du fonctionnement et des activit�s de l��cole est une triple aubaine : �cologique, p�dagogique et �conomique. Si l�exercice ne s�improvise pas, il est n�anmoins � la port�e de tous, du d�butant au plus confirm�. Illustration.
BOIS-ET-BORSU, LA NEOPHYTE
D�but de cette ann�e scolaire, l��cole communale de Bois-et-Borsu s�est lanc�e dans un audit �nergie. � L��co-conseill�re, B�atrice Franck, m�a propos� de participer � la campagne � Ecoles pour demain � de l�association Coren. Un prolongement coh�rent de l�action d�chets que nous avions d�j� men�e dans nos �coles �, explique Marie-Laure George, directrice des �coles de Bois-et-Borsu, Ocquier, Les Avins, Clavier et Termoigne. A ses c�t�s, feuilletant son guide � Mon cahier de l��nergie �, l�institutrice Roxane George encha�ne : � Au d�part, l��nergie, je trouvais �a vague, je ne savais pas par o� commencer. Mais l�aide m�thodologique de Coren a bien clarifi� les choses �. L�association est venue animer la classe unique de 5 et 6e primaire durant une journ�e, en d�cembre. � Natacha Thevenod, l�animatrice de Coren, a sond� les habitudes des �l�ves en mati�re d��nergie, en leur montrant les gestes qui consommaient plus ou moins. Les enfants ont ensuite auscult� la classe, puis l��cole tout enti�re, en groupe. Pour d�couvrir petits et gros soucis : niveau de temp�rature, vannes d�fectueuses, simple vitrage, pas de joints aux fen�tres, portes qui restaient ouvertes, meubles devant les radiateurs, lampes allum�es� �
Quand �conomie rime avec p�dagogie
Les �l�ves de Madame George ont alors fix� des actions prioritaires, act�es dans une charte : confectionner des panneaux et sensibiliser les autres classes, cr�er un jeu de soci�t� sur l��nergie, r�aliser dans le village une enqu�te sur les panneaux solaires� � Je ne me rendais pas compte qu�il y avait moyen de partir dans autant de domaines, t�moigne l�institutrice. Les grands vont, par exemple, lire une histoire sur l��nergie aux petits. Cette apr�s-midi, je les ferai �galement s�exprimer en partant d�une chanson environnementale, suite � une formation suivie avec l�Institut d�Eco-P�dagogie. Nous avons par ailleurs r�alis� des graphiques au cours de math. On a m�me �crit une lettre � la commune pour leur demander une aide financi�re �.
� Tiens, je viens de recevoir la r�ponse positive �crite aux �l�ves par le Coll�ge, lance la directrice, en expliquant que la commune soutient pleinement le projet. Nous avons aussi re�u 1000 euros de la R�gion wallonne, via notre participation � la campagne � Effet de jeunes contre effets de serre � de l�asbl Green. � Tout cela vient s�ajouter aux �conomies esp�r�es sur les d�penses de chauffage et d��lectricit�. De quoi financer quelques menus investissements, dans les 5 �coles de la commune : 10 thermom�tres (40 �), 8 multiprises � interrupteur (80 �), 8 vannes thermostatiques (200 �), 2 thermostats d�ambiance programmable (400 �), 12m2 de feuilles r�fl�chissantes pour mettre derri�re les radiateurs (50 �), des ampoules �conomiques� � A l��cole des Avins, ils ont fait un audit sur l�eau. Quand ces projets seront plus avanc�s, il faudra se revoir tous ensemble : enseignants des 5 �coles, femmes de m�nage� Pour travailler tous dans le m�me sens et p�renniser l�action. �
BERLAYMONT, LE � CERTIFIE �
Une �cole � certifi�e ISO 14001 �, �a veut dire quoi ? Pour faire (tr�s) court, cela signifie qu�elle int�gre profond�ment les questions environnementales dans son fonctionnement et qu�elle a �t� certifi�e pour son bon � management environnemental � par un organisme accr�dit�. Plus r�pandue dans le monde des entreprises, cette certification internationale n�a �t� accord�e qu�� 6 �coles en Belgique. Dont le Lyc�e de Berlaymont, � Waterloo. Pourtant, de l�ext�rieur, rien ne semble indiquer que cette �cole soit plus � �cologique � qu�une autre : des b�timents en pr�fabriqu� vieux de 40 ans, du simple vitrage� � C�est normal, explique Mme Stass, l�une des quatre profs impliqu�es dans la � cellule environnement � de l��cole, la norme ISO repose sur le principe d�am�lioration continue. L�important n�est pas tant d��tre parfait, mais d��tre en d�marche, d��voluer �. Tout est donc dans la m�thode : au d�part d�une analyse environnementale globale (consommation de mazout et d��lectricit�, d�eau, d�chets, mobilit�), l��cole se fixe des objectifs et met en place des proc�dures pour les atteindre.
Les �l�ves aux commandes
La particularit� du Berlaymont, en outre, est de mettre les �l�ves aux commandes de cette certification et d��riger l�environnement comme fil rouge de leur cursus scolaire. Ainsi, les classes de 5e et 6e �conomie de Caroline Lali�re consacrent une heure chaque semaine � la ma�trise des impacts environnementaux de l��cole et � l�impl�mentation de la norme. Ces 30 jeunes g�rent notamment l��coshop qu�ils ont cr�� l�an pass� et qui vend des fournitures scolaires �cologiques, deux midis par semaine. Ils ont organis� �galement trois journ�es �co-gestes, dans le cadre de la campagne � Effet de jeunes contre effet de serre � de l�association Green : en d�cembre , mangeons une pomme (locale et de saison) ; en f�vrier, mettons un gros pull et diminuons d�un degr� le chauffage ; et en avril, collectons livres & v�tements (r�emploi). � Pour que ces actions touchent toute l��cole, explique Caroline Lali�re, chaque paire d��l�ves s�est vu assigner 3 classes. Ils y passent p�riodiquement pour pr�senter l�avanc�e du projet, les �co-gestes, le pr�-audit� �. Pour Camille, �l�ve de 5e �conomique, � C�est un peu lourd, mais depuis qu�on s�y est investi, on fait beaucoup plus attention � nos impacts environnementaux �. Des difficult�s? Pour Caroline Lali�re, � la plus grande difficult� est que, selon l�inspecteur, cette � heure environnement � ne peut plus �tre inscrite dans le programme de sciences �conomiques traditionnel, tr�s th�orique en 5-6e. Du coup on a d� ajouter une cinqui�me heure au cours de sciences �co. Difficile � accepter pour les �l�ves concern�s, qui se voient imposer une heure sup. �
Toutes les classes
Outre le cours de sciences �co des 5e et 6e, ce sont toutes les classes qui sont touch�es par le projet environnemental du Berlaymont. Ainsi, chaque niveau scolaire travaille tout au long de l�ann�e sur un th�me qui est abord� � travers diff�rents cours et activit�s de terrain : la pr�vention et le tri des d�chets en premi�re ann�e, la biodiversit� en seconde, la gestion de l�eau en troisi�me, ensuite le climat, puis la solidarit� Nord-Sud et le d�veloppement durable, et enfin, en rh�to, la gestion de l��nergie. Gr�ce � cette int�gration transversale et verticale, chaque �l�ve en fin de scolarit� aura donc �t� sensibilis� aux diverses facettes de l�environnement, invit� � prendre ses responsabilit�s citoyennes. Et si tout semble r�gl� comme du papier � musique, cela n�emp�che pas l�une ou autre initiative compl�mentaire : une mare imagin�e par une �l�ve, ou encore un �co-march� lors de la fancy-fair, organis� par la prof de g�o, second�e par une dizaine d��tudiants volontaires.
Efficacit� p�dagogique, environnementale et �conomique
La certification ISO et le projet environnemental de l��cole demandent n�anmoins beaucoup de coordination : une heure de r�union par semaine entre les 4 profs de la � cellule environnement � ; plus une r�union par mois entre cette cellule, la direction et deux repr�sentants des services techniques� � Outre le b�n�volat que cela repr�sente, le travail administratif est important : il faut garder toutes les traces. Mais si la norme est lourde, elle donne aussi un cadre, des balises syst�matiques int�ressantes si l�on veut �tre efficace �, estime la directrice Mme Brouhms. L�efficacit� est bel et bien au rendez-vous : outre l��vidente plus-value p�dagogique et environnementale, le gain �conomique n�est pas n�gligeable. � Nous obtenons des r�sultats r�els et encourageants, ais�ment identifiables par tous gr�ce aux graphes de consommation affich�s �. Entre 2005 et 2006, ce sont pas loin de 100.000 KWh �conomis�s et une consommation de mazout largement � la baisse. Avec un espoir : � Nous voudrions montrer que l�action que nous menons au quotidien est transposable � d�autres institutions �.
Christophe Dubois
Article publi� dans Symbioses (dossier � Comment �co-g�rer ? � - n�78), le magazine d�Education relative � l�Environnement du R�seau ID�e
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