L��laboration de la norme internationale sur la responsabilit� soci�tale des entreprises (RSE), ou � ISO 26000 �, a pris du retard. En cause, notamment : la difficult�, pour les 84 pays participant � cette normalisation, de s�entendre sur la d�finition de la RSE, et les craintes des pays pauvres que cette norme ne serve de barri�re commerciale aux pays riches. De compromis en compromis, la norme devrait finalement s�apparenter � un guide pratique destin� aux organisations qui souhaitent s�engager dans la RSE de mani�re volontaire.
N� en 2001, le projet de cr�er une norme internationale ISO pour la responsabilit� soci�tale des entreprises (RSE) devrait aboutir en 2010. Si tout va bien.
Car l��laboration de l�� ISO 26000 � par les repr�sentants de plus de 84 pays n�est pas une mince affaire, le document final devant faire l�objet, comme toute norme ISO, d�un consensus tr�s large. Or, � la d�finition de ce qu�est la responsabilit� soci�tale diff�re fortement selon les pays et les cultures, et donne lieu � des d�bats interminables. C�est un sujet nouveau et difficile �, rappelle Fr�d�ric Tiberghien, pr�sident d�honneur de l�Observatoire sur la responsabilit� soci�tale des entreprises (ORSE), � l�occasion du colloque organis� hier par le Conseil �conomique et social (CES) sur la norme ISO 26000.
L�un des objectifs de cette derni�re est justement de clarifier le concept de la RSE et de d�finir une terminologie commune � tous les pays. Car pour l�instant, comme le souligne Michel Doucin, ambassadeur charg� de la bio�thique et de la RSE, � les codes de conduite sont �labor�s dans le Nord, essentiellement dans les pays anglo-saxons, et ne peuvent pas forc�ment s��tendre aux pays en d�veloppement. �
ISO 26000 : Une barri�re commerciale ?
Raison pour laquelle l�ISO, organisation internationale de normalisation, associe pleinement les pays du Sud � l��laboration des nouveaux standards. Ce qui doit d�ailleurs contribuer � apaiser la crainte de ces derniers de voir � la norme ISO 26000 utilis�e par les pays du Nord pour prot�ger leurs march�s contre des produits du Sud qui ne correspondraient pas aux standards �, souligne Fr�d�ric Tiberghien. Outre les divergences de vues entre Etats, l��laboration de l�ISO 26000 butte sur les d�saccords qui existent, au sein de chaque d�l�gation nationale, entre les diff�rentes parties prenantes (entreprises, syndicats, collectivit�s, associations de consommateurs...) concernant la d�finition m�me de la norme. � Les consommateurs auraient souhait� que l�ISO 26000 puisse donner lieu � une certification. Aujourd�hui, un compromis a �t� trouv� : la norme sera plut�t un guide pratique destin� aux organisations qui souhaitent s�engager dans la RSE de mani�re volontaire �, pr�cise Fr�d�ric Tiberghien.
Reste donc � d�finir les m�canismes qui garantiront la cr�dibilit� des d�marches RSE engag�es sur la base de l�ISO 26000.
Une norme contre le � societal washing �
L�enjeu est crucial pour les associations de consommateurs. Apr�s avoir lanc� en 2001 l�id�e d�une norme RSE pour mettre un terme aux agissements de certaines multinationales dans les pays pauvres, les consommateurs s�interrogent d�sormais sur le bien-fond� des assertions RSE des entreprises et des collectivit�s. � On connaissait le � greenwashing �, qui vise � faire passer pour � �cologique � une entreprise qui ne l�est pas, on s�achemine maintenant vers le � societal washing �. Pour les consommateurs, la norme ISO 26000 doit permettre de savoir qui fait quoi. C�est aussi tr�s int�ressant pour les entreprises : la norme permettra aux bons acteurs, � ceux qui mettent en place une bonne d�marche RSE, d�en tirer les b�n�fices en termes d�image �, rappelle Olivier Peyrat, directeur g�n�ral du groupe AFNOR, membre fran�ais de l�ISO.
La publication de la nouvelle norme ne devrait pas intervenir avant 2010. Mais si, pour l�instant, � il est difficile de se mettre d�accord, il faut rappeler que les r�unions de travail n�ont vraiment commenc� qu�en 2006. Parvenir � cr�er en quatre ou cinq ans une norme dans un domaine aussi complexe, �volutif et nouveau que la RSE, c�est un d�lai tout � fait raisonnable �, estime Fr�d�ric Tiberghien.
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