INDUSTRIE. Aucun accident mortel entre f�vrier 2006 et d�cembre 2008, mais cinq sur la seule ann�e 2009� Total a men� des inspections de s�curit� sur tous ses sites en France.
Apr�s les accidents mortels, forc�ment lourds sur un plan humain, le groupe Total a d�cid� de mettre � l'IGS � sur le coup. Mais s'il ne s'agit pas l� de l'inspection g�n�rale des services qu'on lie habituellement au secteur policier, mais d'une inspection g�n�rale de s�curit� diligent�e sur les treize sites Total en France. � Pas de b�ufs carottes chez nous par cons�quent !, lance G�rard Roussel, directeur de la raffinerie de Normandie pr�s du Havre. Mais une inspection coll�giale faite par des gens de chez nous �.
� Am�liorer durablement la s�curit� �
Onze professionnels aguerris, issus de toutes les branches du groupe (exploitation, maintenance, ressources humaines, management, s�curit� ), ont donc inspect� les sites entre septembre et f�vrier dernier, avec G�rard Roussel comme pilote national de l'op�ration. Parmi les sites concern�s, il y en a trois en Haute-Normandie : la raffinerie de Normandie et Total Petrochemical � Gonfreville-L'Orcher, Grande Paroisse � Grand-Quevilly, ce dernier ayant d'ailleurs connu un accident de travail mortel l'an dernier.
Pas de revue de d�tail sur ces trois sites, G�rard Roussel n'est pas l� pour stigmatiser dit-il. � Nous voulons �valuer notre performance en mati�re de s�curit�, passer en revue les causes potentielles d'accident, comprendre pourquoi des �carts existent encore entre la r�gle et la pratique, en tirer des pr�conisations �, justifie le directeur.
La m�thode se veut d'ailleurs la plus large possible, les accidents mortels ayant des causes diff�rentes : entre un four qui explose � la plateforme p�trochimique de Carling en Lorraine, un accident avec un chariot �l�vateur chez Grande Paroisse � Grand-Quevilly, une vidange de fosse qui tourne mal � la raffinerie des Flandres de Dunkerque�
L'inspection d�bouche ainsi sur 58 recommandations g�n�rales, et plus de 380 recommandations sp�cifiques. � Technique, organisation, l'homme dans l'organisation� La ma�trise de la performance en mati�re de s�curit� est un processus tr�s complexe et multifactoriel, ajoute G�rard Roussel. Et cela ne s'arr�te jamais �.
Pour autant, des d�marches qualit� type Iso (9001, 14 000), tr�s proc�duri�res, sont l'apanage de Total depuis des ann�es et devraient � verrouiller � la s�curit�. � Nous n'avons pas abord� de domaines que nous ignorions, argumente le directeur. Simplement,il s'agit de d�tecter des signaux, des d�rives possibles, d'anticiper ensuite, qu'il s'agisse de mesures de fuite, de mont�es en temp�rature� �
En guise d'illustration, le directeur cite le cas de l'automobiliste qui t�l�phone au volant ou oublie sa ceinture m�me s'il conna�t parfaitement les r�gles. � Toute d�viation dans les proc�dures doit �tre prise en compte, analys�e. Et cette inspection, c'est aussi pour nous l'occasion de dire que nous conservons, par notre base documentaire notamment, la culture de nos anciens �.
Marc Braun
|