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Le Knowledge management, ou m�moire collective de l'entrprise

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Publication : 16 / 07 / 2008
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Apparue progressivement depuis la fin des ann�es 80, la gestion de la connaissance (knowledge management ou KM en anglais) se d�veloppe dans les entreprises sous l'impulsion de la mondialisation et du � papy-boom �. Cet ensemble de m�thodes et de techniques se veut une parade au caract�re volatile de l'information et des savoirs d�tenus dans une entreprise. � Le KM permet de r�duire � la fois les co�ts (dus � la r�p�tition des m�mes erreurs et au temps de recherche d'informations par les employ�s) et les risques de perte du capital intellectuel (d�pendance aux fournisseurs cl�s et � des experts) �, explique Rob van der Spek, en charge du KM chez le groupe de conseil norv�gien DNV. Il met par exemple l'accent sur la d�pendance aux � gourous � dans une organisation, c'est-�-dire une ou deux personnes qui d�tiennent toute la connaissance sur un point cl� de l'activit�. � Avant que ces experts ne quittent l'entreprise ou prennent leur retraite, la question de la succession et de la transmission des savoirs doit �tre r�gl�e �, sugg�re Rob van der Spek.

Capital structurel

Mais le KM ne se limite pas au seul capital humain, il couvre �galement la structuration des informations, � l'image des portails Intranet. Pour atteindre leurs objectifs en la mati�re, les entreprises peuvent employer des outils de mise en �uvre tels que les wikis ou les syst�mes de gestions de contenus (CMS en anglais). � Un bon exemple est donn� par le portail wiki de gestion du trafic a�rien Skybrary (www.skybrary.aero) �, note Rob van der Spek. La question du choix technologique n'est cependant pas prioritaire dans un projet de KM. � Si vous voulez faire travailler des organisations ensemble, il ne suffit pas de s�lectionner un standard ou un outil, quel qu'il soit (ISO, CMM ou CMMI par exemple), analyse Jacques Leroudier, en charge de la qualit� de la recherche et du d�veloppement chez Thomson. En fait, il convient de d�terminer la mani�re d'utiliser ce standard (du moins jusqu'� un certain niveau) ou cet outil, c'est-�-dire d'en partager les modes d'emploi (la connaissance). C'est ce que l'on appelle knowledge management en anglais. � Selon l'activit� de l'entreprise, le KM sera tr�s diff�rent : la finance (ventes et op�rations) ne rev�t pas les m�mes besoins que l'industrie (ing�nierie, cha�ne logistique, d�ploiement et livraison). � Il n'existe pas de standard universel �, pr�vient Rob van der Spek. Outre la complexit� de la cha�ne de production par rapport � la finance, une certaine sensibilit� est de mise dans l'industrie au sujet des secrets de fabrication et des questions de propri�t� intellectuelle : le partage des connaissances doit donc tenir compte de cette contrainte. D'ailleurs le KM ne s'av�re r�ellement int�ressant que pour des organisations d'une taille sup�rieure � 50 personnes. � Les PME ont plus de facilit� � partager les connaissances �, souligne Rob van der Spek.

L'exemple de Thomson

Chez Thomson, le KM sert � partager toutes les proc�dures et les processus entre les trois continents sur lesquels intervient la firme fran�aise. � Nos d�buts dans le domaine du partage de la connaissance (knowledge management) datent de quatre � cinq ans, raconte Jacques Leroudier. Au d�part, il s'agissait d'instaurer un langage commun entre les diff�rentes entit�s de l'entreprise, sises dans diff�rents pays et sur trois continents, m�me si dans le d�tail, les divisions et lignes de produits poss�dent une certaine libert� au niveau des d�tails fins de mise en oeuvre. Cette flexibilit� est n�cessaire pour des raisons techniques mais aussi culturelles. �

Le KM s'est insinu� chez Thomson par petites touches. � Nous avons commenc� � faire du partage de la connaissance sans le savoir, observe Jacques Leroudier. Le partage des connaissances est un instrument au service du dialogue dans l'entreprise, notamment en comit� de pilotage. � Au cours de sa d�marche, l'entreprise fran�aise a acquis une certitude. � A travers le monde, de nombreuses entreprises emploient les m�mes standards et les m�mes outils, mais elles ne peuvent pas pour autant travailler ensemble, souligne Jacques Leroudier. Pour ce faire, il faut franchir un pas de plus, ce fameux partage de la connaissance. �

Marc di Rosa

3,8 milliards d'euros
Selon une �tude du cabinet d'�tudes Forrester parue au mois de mai, le march� de la gestion des connaissances et de l'information devrait atteindre 3,8 milliards d'euros d'ici � 2010, avec une croissance annuelle moyenne comprise entre 55% et 59%.
Pour la mise en �uvre moyenne d'une solution globale et op�rationnelle de gestion des connaissances et de l'information, les co�ts des licences logicielles se situent dans une fourchette de 315 000 � 1,3 million d'euros, d'apr�s Forrester