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L�ISO 26000, enfin un changement de comportement �conomique !

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Publication : 14 / 09 / 2011
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Cela se passe sans bruits. De quoi s�agit-il ? D�une vraie r�volution ou plut�t selon la ligne de pens�e d�velopp�e par Philippe CAHEN, une foison de signaux faibles qui va obliger les hommes et les entreprises � � vivre ensemble � autrement. Depuis le 1er novembre 2010, une norme � port�e mondiale, puisque class�e ISO (International Standard Organisation) est en application.

Vous voulez le croire ou pas mais nous sommes � l�aube d�un nouveau monde dans lequel nos relations seront autres. Avouez-le, vous le percevez d�j� un petit peu�Le train est heureusement en marche � travers quelques histoires. Le premier exemple, datant de quelques jours, concerne les grandes soci�t�s comme PUMA, NIKE,ADIDAS�.qui viennent de prendre la d�cision de cesser de produire des objets textiles en polluant lourdement l�eau. Elles se donnent 10 ans pour atteindre ce but. La Chine est le terrain de production comme nous le savons tous. Mais, il va s�agir de contribuer autrement � am�liorer l��tat de notre plan�te tout en offrant aux clients du monde entier les produits qu�ils d�sirent. Sacr� challenge vu ce que l�ONG, GREEENPEACE vient de nous r�v�ler : la fabrication des jolis tee-shirt g�n�re deux pollutions de l�eau�� L�une au moment du cycle de cr�ation, l�autre lors du cycle de vie de ce produit lorsque le tee-shirt entre dans le programme de lavage de la fameuse � m�nag�re � d�Australie, d�Europe, des Etats-Unis. Dr�le d�impression textile dans de multiples �cosyst�mes � partir d�un un simple tee-shirt.

QUAND CARREFOUR, NESTLE, KRAFT disent � non � aux fournisseurs destructeurs

Le deuxi�me exemple nous vient de l�Indon�sie, ou plut�t des �les indon�siennes. Deux ONG, le WWF et GREENPEACE portent leur �clairage sur un fait simple aux cons�quences mondiales une fois de plus : la production de papier toilette vendue � toutes les multinationales de la plan�te contribue fortement � la disparition des tigres. C�est une longue enqu�te (huit mois) qui a permis de tracer l�origine du papier toilette de la marque Cottonsoft, commercialis�e en Nouvelle-Z�lande. Derri�re cette marque, on retrouve un grand groupe connu pour son irresponsabilit� environnementale, Asian Pulp and Paper : il fabrique le papier toilette en d�truisant � tout va la for�t primaire indon�sienne menac�e de d�forestation et il distribue ce produit sous la marque Cottonsoft. L�enqu�te a pris tout ce temps afin d��tre assur� de la v�racit� des analyses du papier en laboratoire. R�sultats : les fibres comportent des essences tropicales. Les distributeurs n�o-z�landais ont d�cid� de cesser leurs approvisionnements aupr�s de ce groupe. Premier gain important et un commencement en m�me temps. En effet, certaines estimations s�rieuses nous donnent comme information qu�un rouleau de papier toilette sur quatre vendu en Nouvelle-Z�lande serait issu de la for�t indon�sienne. Mais Asian Pulp and Paper va avoir un peu plus de soucis car, � la suite de cette r�v�lation, il enregistre le refus d�achat de groupes majeurs comme CARREFOUR, NESTLE, KRAFT, UNILEVER, TESCO, etc. Deuxi�me gain qui illustre une prise de conscience des acteurs �conomiques nettement plus profonde mais aussi combien les consommateurs

jouent un r�le efficace. Imaginez une publicit� de Carrefour pour un papier toilette avec un axe de s�duction color� � � du encore plus �. � et que les internautes �des consommateurs, des associations de d�fense de la nature, etc- r�v�lent que ce produit contribue � la disparition de tigres dans les �les indon�siennes puisque leur lieu de vie, la for�t dispara�t. D�un c�t�, il y aurait atteinte au chiffre d�affaires mais surtout, d�un autre c�t�, l�image de Carrefour, qui est pas mal chahut�e depuis plusieurs mois, sortirait dans un dr�le d��tat !




Que se passe-t-il donc ? Avec Adidas, Nike, etc., nous sommes face � des entreprises

qui ont bien d�termin� que leur futur est impossible en continuant de polluer si elles veulent �tre p�rennes. Avec Asian Pulp and Paper, nous assistons ; grandeur nature, � un comportement irresponsable avec des acteurs qui refusent le dialogue. La cons�quence est de taille avec le refus d�achat des multinationales.

A travers ces deux histoires, nous comprenons que les ONG gagnent un r�le grandissant dans l�illustration des responsabilit�s de chacun, au quotidien, aussi bien dans sa vie priv�e que dans sa vie professionnelle. Mais ce qui va monter en puissance ces prochaines ann�es, ce sera d�abord la r�flexion grandissante des entreprises sur leur r�le d�actrices �conomiques, environnementales et soci�tales � RESPONSABLES �. Autrement dit, sur le sens de leurs actes avec leurs acteurs internes, les salari�s, les clients, les fournisseurs, les financeurs, etc. et les acteurs externes comme les associations professionnelles, de consommateurs, les pouvoirs publics qui inter-agissent avec elles. Ces acteurs se nomment les � PARTIES PRENANTES � parce qu�elles ont des int�r�ts dans les activit�s des entreprises au sens de la norme ISO 26000, norme dite de comportement et de dialogue. Une fois cette prise de conscience de la responsabilit� d�clench�e, les acteurs s�apercevront qu�il est plus profitable de parler axes d��volution plut�t que d�entretenir des conflits.

Et que de l�, d�couleront � la fois des comportements responsables, ensuite des sources d�affaires nouvelles. M�me plus que cela : les entreprises entreront dans

la � recevabilit� �, c�est-�-dire l�envie de dire ouvertement les choses, de � rendre-compte �. De vouloir d�crire un fait : la provenance d�un composant d�un produit et la mani�re dont il est cr�� comme par exemple le coton de tel pull vient de tel pays d�Afrique, tissu par des adultes. Ainsi, ces entreprises vont se distinguer et gagner de la plus-value en premier lieu sur le plan de l�image et en second lieu par ricochet sur le plan financier. Car la confiance de l�acheteur sera d�autant plus grande qu�il sera inform� et qu�il comprendra que son achat correspond � un acte de responsabilit� dite R.S.E, (Responsabilit� Soci�tale et Environnementale).

ISO 26000, rien que sa naissance refl�te un changement

Venons-en � cette norme ISO 26000 si m�connue ! D�o� vient�elle ? Sa naissance est une tr�s forte illustration des changements d�esprit partout dans le monde. Deux points forts � souligner dans le cursus de cr�ation : la puissance des consommateurs et la participation marqu�e des pays en d�veloppement. Premi�rement focus sur les consommateurs. Au sein du Comit� pour la politique en mati�re de consommation de l�ISO, le COPOLCO, ont dress� le constat de l�absence d�harmonisation entre les pratiques de reporting. Cette h�t�rog�n�it� de situations ne permettait pas aux consommateurs ou autres observateurs du comportement des entreprises, d��tre en mesure d�appr�cier le caract�re bien fond� et l�gitime des actions et d�clarations de ces derni�res. Car les effets du green-washing vont �tre compt�s. Alors, le COPOLCO a saisi l�ISO d�une demande de mise en chantier d�une norme internationale sur la R.S. (Responsabilit� Soci�tale ) en 2001. A partir de l�, l�ISO a souhait� accueillir l�avis et les recommandations d�un collectif de parties concern�es : consommateurs, industriels, repr�sentants de gouvernement, ONG, syndicats de salari�s, repr�sentants de pays en d�veloppement de toutes les r�gions du monde. En 2003, un groupe consultatif se r�unit pour d�terminer si une norme internationale �tait souhaitable, faisable et si oui, � quelles conditions. En 2004 STOCKHOLM accueille la conf�rence sur la R.S. Sont pr�sent�es les conclusions de ce groupe � 66 pays, 355 participants.

L�ISO a voulu que les travaux soient men�s de mani�re innovante avec mise au point d�un mode de gouvernance exceptionnel et a am�nag� certaines r�gles de fonctionnement. L�ISO a renforc� la participation des pays en d�veloppement � 3 niveaux :

� attribution des responsabilit�s pour la r�daction de la norme avec un �quilibre entre pays d�velopp�s et en d�veloppement. Ex : groupe charg� de la r�daction pr�sid� par le Br�sil, appuy� par un vice-pr�sident Su�dois.

� sensibilisation avec plusieurs dizaines d�ateliers organis�s dans les pays en d�veloppement.

� mise en place de 5 groupes linguistiques : anglais, espagnol, arabe, russe et allemand.

En juin 2004 : d�cision d��laborer une norme contenant des lignes directrices de R.S. avec l�intention de valoriser, et non pas de remplacer, les accords internationaux intergouvernementaux existants ayant trait � la R.S., comme la D�claration universelle des droits de l�homme des Nations Unies et ceux adopt�s par l�Organisation internationale de travail (O.I.T.) et autres conventions. En outre, elle a reconnu la n�cessit� d��laborer un accord avec l�O.I.T. sur la coop�ration entre les deux organisations dans le domaine de la R.S.

A partir de cette date, le travail de r�elle coop�ration, a commenc� dans diff�rentes parties du monde avec une impulsion et une couleur nouvelles. Ceci a conduit � la sortie de la norme ISO 26000 et � sa mise en application le 1er novembre 2010.

LES 9 POINTS CLES DE LA NORME

1 � Elle est issue d�un consensus international. Plus de 100 pays l�ont mise au point.

2 � Les pays en d�veloppement ont gagn� une place jamais vue � ce jour.

3 � C�est une norme de comportement. Olivier PEYRAT, Directeur G�n�ral du groupe AFNOR qualifie l�ISO 26000 de � norme d��cosyst�me � dans le sens o� elle permet d�appr�hender l�organisation dans ses relations avec ses parties prenantes, avec son territoire avec la soci�t� dans son ensemble. Elle est donc bas�e sur l�analyse syst�mique.

4 � Elle est d�application volontaire.

5 � Elle compl�te la R.S. : c�est un �l�ment de solution. En identifiant sa R.S. et en identifiant les parties prenantes puis en dialoguant avec elles, cela aide les organisations � d�terminer les domaines d�actions pertinents sur lesquels agir pour assumer leur responsabilit�.

6 � Elle repose sur un dialogue avec un esprit collaboratif entre entreprise et parties prenantes. Une partie prenante �tant un � individu ou un groupe qui a int�r�t dans les activit�s ou d�cisions d�une organisation �.

7 � Elle concerne les organisations publiques et priv�es. C�est extr�mement nouveau pour une norme ! Non seulement, une administration va devenir partie prenante d�une entreprise donc devra informer dans un esprit plus ouvert mais elle devra expliquer par exemple que tel texte est difficile � comprendre�. Donc, elle pourra reconna�tre plus facilement qu�une entreprise a fait des efforts m�me si tous les r�sultats ne sont pas encore l�.

8 � Elle est une aide au processus de gouvernance. D�cider devient complexe. Les solutions apport�es par l�ISO 26000 comme la sph�re d�influence, les limites de responsabilit� aident � d�cider dans un monde en devenir.

9 � Elle s�applique dans la vie quotidienne. A toute heure, le citoyen est concern� ; il est salari�, il est consommateur, il est actif dans son environnement ( parfois militant) et a envie de moins polluer, de manger plus sain, de parler d�actions concr�tes dans son milieu de travail�

Il n�est pas coup� en deux !

COMMENT CETTE NORME VA S�ARTICULER AVEC LA REALITE DES ENTREPRISES ?

En clair, l�ISO 26000 n�cessite une r�flexion strat�gique de fond. Par le fait qu�elle est fond�e sur l�analyse syst�mique, le dirigeant va vite se trouver partie prenante d�un syst�me comme par exemple le transporteur ou bien une association de consommateurs ou encore une association de parents d��l�ves. Par l�, il s�agit de comprendre l�ouverture vertigineuse que cela engendre ou m�me provoque. Vous pouvez aussi vous retrouver dans une sph�re d�influence c�est-�-dire dans une s�rie ou �tendue de relations politiques, �conomiques ou d�autre nature sur lesquelles votre organisation a la capacit� d�affecter les d�cisions ou activit�s d�individus ou d�organisation. Les r�seaux sociaux ont sont une illustration. Les multinationales le savent tellement aujourd�hui qu�elles ont constitu� des �quipes pour surveiller les jeux d�influence qui se cr�ent selon l�actualit�. Car, soyons r�alistes, un produit qui a demand� des mois de mise au point, de travail avec vos �quipes de marketing, commerciale, financi�re, etc. pourra �tre � descendu � en quelques jours sur le web.

Pas parce que le design d�pla�t�. mais parce qu�une information n�gative circule sur les conditions de travail de votre production. Votre communication � s�duisante � ne suffira plus � convaincre le consommateur que vous �tes bien dans une d�marche R.S.E. Vous devrez approcher la transparence et avoir une posture de � redevable � pour �tre, au moins, cr�dible sur le march�. Cela passera par l�explication de vos d�cisions pour contribuer � un meilleur environnement, par votre gouvernance le respect des droits de l�homme, la loyaut� de vos pratiques, votre qualit� d�information destin�e aux consommateurs, votre d�marche comportemental au niveau local.

En conclusion, cette norme ISO 26000 dite norme de 3�me g�n�ration tellement elle est innovante, m�me si elle ne requi�re pas de certification est un levier puissant en devenir. Elle vient apporter des solutions � la R.S.E. mais elle constitue un vrai projet d�entreprise qui va �tre construit avec ses �tapes, ses jalons, son �quipe, les responsabilit�s associ�es, etc. Une sacr�e ouverture pour impulser des dizaines d�actions attractives avec les acteurs de votre entreprise et pour attirer les forces vives qui vous observent de l�ext�rieur�.. dans la lumi�re et dans l�ombre � l�aid du web.





Source AGORA VOX