
La mise en �uvre des nouvelles normes est � un pr�texte pour obliger aux regroupements �, estime le pr�sidentdu Syndicat national des m�decins biologistes.
Photo : Reuters
La certification exig�e par le gouvernement pourrait entra�ner la fermeture de certains d'entre eux.Pr�s de Caen, un laboratoire priv� bataille pour �viter d'�tre rachet�.
Le rush des prises de sang � jeun est pass�. Seules deux patientes attendent encore dans le hall. � Toute la journ�e, c'est un va-et-vient continuel �, explique une des responsables de cet �tablissement d'analyses m�dicales de l'agglom�ration caennaise. � Chez nous, les patients appr�cient de discuter et d'�tre �cout�s, ils viennent chercher leurs r�sultats le soir. �
Derri�re l'accueil, trois petites salles de pr�l�vement et une grande pi�ce pour les analyses des examens. Microscopes, r�frig�rateurs, centrifugeuse, salle bact�riologique... Les �chantillons sont scrut�s et les machines font leur travail. � Nous sommes bien �quip�s. �
Co�teuse mise aux normes
Ce laboratoire de proximit�, qui veut garder l'anonymat tant le sujet est sensible, doit, comme de nombreux autres, priv�s et publics, se pr�parer � la nouvelle certification Iso 15189. Cette norme garantira la qualit� et la tra�abilit� des pr�l�vements et des r�sultats d'analyse.
Vot�e en 2007, elle a �t� rendue obligatoire par la loi H�pital, patients sant� et territoires. � En 2013, nous devrons d�montrer que nous avons entrepris une d�marche qualit� et, en 2016, nous faire accr�diter. �
Mais l'accr�ditation a un co�t. Or, � le chiffre d'affaires des labos diminue : la s�curit� sociale restreint, depuis cinq ans, le remboursement de certains actes comme la progest�rone, le bilan thyro�dien, la vitamine B12, les triglyc�rides. �
Tous les laboratoires ne pourront pas suivre. Ils devront fermer ou se regrouper. � Nous avons d�j� �t� contact�es par des labos qui proposaient de nous int�grer. � Les Caennais ont d�clin�, pr�f�rant leur ind�pendance et assurer le maintien de leurs emplois de technicien ou de secr�taire.
� Ce n'est qu'un pr�texte pour obliger aux regroupements, estime le pr�sident du Syndicat national des m�decins biologistes, Claude Cohen. On va vers une biologie industrielle, avec de grands plateaux techniques et des petits labos juste pour les pr�l�vements qui appartiendront � deux ou trois grands groupes. � En Bretagne, disent les Caennais, vingt-trois se sont d�j� regroup�s sur un seul site.
Les pr�l�vements seront achemin�s vers les grands p�les techniques, � avec tous les risques que comporte le transport, des d�lais suppl�mentaires pour obtenir les r�sultats et des risques d'erreur multipli�s �, craignent les Caennais.
Et finis les pr�l�vements effectu�s par les infirmi�res lib�rales � leur cabinet. � En milieu rural, des patients plus ou moins valides seront oblig�s de faire 25, 30 km pour aller en ville �, d�plore leur syndicat national.
Nathalie TRAVADON.